
Vous lui demandez comment s’est passée sa journée. Elle répond « bien » d’un ton qui signifie tout le contraire. Vous essayez de comprendre ce qui se passe. Est-ce que c’est du stress ? Est-ce que c’est ce que vous avez dit ce matin ? Est-ce que c’est parce que vous avez encore oublié de sortir les poubelles ? Est-ce que c’est parce que c’est mardi ?
La vérité c’est que ça n’a probablement rien à voir avec vous.
La ménopause est une transition biologique, mais elle se vit dans les cuisines, les chambres à coucher et les trajets en voiture. Les sautes d’humeur, le brouillard mental, l’épuisement — ce ne sont pas des changements de personnalité, c’est hormonal. Selon la Fondation canadienne de la ménopause, 41 % des femmes disent que la ménopause a eu un effet négatif sur leur relation de couple.
C’est loin d’être un petit chiffre.
Pas besoin d’un diplôme en médecine pour être une présence stable. Il faut quelques stratégies concrètes et la volonté d’être là.
Voici par où commencer.
Renseignez-vous, pas besoin d’y être invité
La ménopause a été laissée pour compte dans à peu près toute notre éducation — les cours de santé au secondaire, les programmes de médecine, les conversations autour de la table. Résultat : quand elle arrive dans la vie de quelqu’un, les personnes les plus proches partent souvent de zéro.
Dans une étude menée auprès de 96 couples mariés, un partenaire sur quatre admettait ne savoir que très peu de choses sur la ménopause (voire rien du tout) et la plupart de ce qu’ils savaient venait de leur conjointe. C’est beaucoup de travail invisible qui repose sur la personne qui vit la situation.
Quand les partenaires sont informés, les symptômes cessent de ressembler à des attaques personnelles. Une saute d’humeur liée à la fluctuation hormonale, c’est différent d’une saute d’humeur liée à un problème de couple. Faire la distinction, ça compte. Et les recherches le confirment : les femmes qui bénéficient d’un réseau de soutien solide rapportent moins de détresse psychologique et une meilleure qualité de vie en général.
Essayez ça :
- Consultez des sources fiables (la Fondation canadienne de la ménopause est un bon point de départ)
- Suivez des plateformes spécialisées en ménopause pour apprendre à votre rythme, sans effort
- Proposez d’accompagner votre partenaire à ses rendez-vous et posez des questions quand vous y êtes
- Demandez-lui : « Quelle est la chose que tu aimerais que je comprenne mieux par rapport à ce que tu vis ? »
Ne présumez pas que l’expérience de votre mère ou de votre sœur servira de modèle. Aucune femme ne traverse la ménopause de la même façon.
En mode écoute plutôt qu’en mode solution
Quand quelque chose ne va pas, le réflexe c’est de régler le problème. Cette impulsion vient d’une bonne intention, mais pendant la ménopause, elle peut tranquillement nuire.
Jusqu’à 70 % des femmes en périménopause vivent des symptômes émotionnels : anxiété, humeur maussade, irritabilité qui semble surgir de nulle part. Ce ne sont pas des caprices. Ils sont biochimiquement liés aux variations hormonales et à la perturbation des neurotransmetteurs comme la sérotonine et la dopamine… le même système qui régule l’humeur, le sommeil et la réponse au stress. Quand ce système est déréglé, les répercussions émotionnelles sont bien réelles, et elles n’ont rien à voir avec qui elle est.
Et pourtant, un sondage canadien de 2022 a révélé que 80 % des femmes auraient souhaité que leur partenaire fasse preuve de plus de compréhension émotionnelle (FCM, 2024). L’écart entre ce que les partenaires croient offrir et ce dont les femmes disent avoir besoin est grand, et ça se résume souvent à une seule chose : se sentir écoutée. Pas rassurée. Pas redirigée. Écoutée.
Essayez ça :
Posez des questions ouvertes : « Quelle a été la partie la plus difficile de ta journée ? » Puis écoutez sans chercher à orienter vers une solution. Résistez à l’envie de minimiser (« c’est probablement juste du stress ») ou de rationaliser (« ça ne semble pas si grave »). L’objectif, n’est pas la perfection mais la présence.
Repensez l’intimité
Il y a souvent une période tranquille où le désir se transforme, où le toucher prend un sens différent, et où aucun des deux ne sait vraiment comment en parler. C’est courant, et bien plus nuancé que la plupart des conversations sur la ménopause ne le laissent entendre.
Plus de 50 % des femmes vivent des changements dans leur vie sexuelle pendant la ménopause. Sécheresse vaginale, baisse de libido, rapport au corps qui se transforme d’une façon qui peut déstabiliser même quand on s’y attendait. Moins de 20 % cherchent de l’aide pour ces changements, ce qui veut dire que la majorité les traverse en silence, à attendre de voir si leur partenaire va le remarquer ou en parler le premier.
Les couples qui maintiennent une proximité physique, même quand la forme de l’intimité a changé, développent des liens émotionnels plus forts et une satisfaction plus durable. Maintenir, ça ne veut pas dire préserver ce qui était avant. Ça veut dire rester connectés à travers la forme que prend la proximité maintenant.
Essayez ça :
Redéfinissez l’intimité pour y inclure le toucher, le rire, les moments tranquilles, le massage. N’importe quelle forme de connexion qui n’a pas besoin d’un script. Demandez ce qui fait du bien maintenant, parce que les préférences changent. Ce qui fonctionnait avant ne fonctionne peut-être plus et c’est une information utile à savoir.
Allégez sa charge sans attendre qu’elle vous le demande
Fatigue, brouillard mental, sommeil perturbé… la charge cognitive de la ménopause est bien réelle, et elle tend à être invisible pour tout le monde sauf pour celle qui la porte.
Jusqu’à 60 % des femmes rapportent des difficultés de mémoire et de concentration pendant la transition ménopausique. Les changements cognitifs comme les oublis et la baisse de concentration sont biologiquement liés au rôle des hormones dans le fonctionnement du cerveau et ils s’accumulent vite quand on y ajoute le manque de sommeil et le stress chronique.
Quand les tâches du quotidien commencent à ressembler à une montagne, « fais-moi signe si t’as besoin d’aide » lui remet le travail demandé sur les épaules. Ça ajoute une décision de plus à un cerveau déjà à pleine capacité.
Essayez ça :
Agissez sans attendre d’y être invité. « Je m’occupe du souper ce soir » sonne différemment que « Veux-tu que je cuisine ? ». Prenez en charge les tâches routinières (la préparation des repas, la prise de rendez-vous, la logistique qui s’accumule en silence) et faites-le sans en faire tout un plat. L’objectif, c’est pas la reconnaissance. C’est moins de choses qui se disputent son énergie.
Prenez aussi soins de vous
Être un partenaire présent, c’est un travail en soi, et il passe souvent inaperçu. Beaucoup de partenaires décrivent l’impression d’être mis de côté, de ne pas savoir comment aider, d’avoir peur de dire la mauvaise chose, de porter en silence le poids d’essayer de tenir le cap.
Ça compte. Les couples qui communiquent ouvertement sur leurs besoins, émotionnels et physiques, sont plus résilients sur le long terme.
Essayez ça :
Prévoyez un moment régulier pour faire le point, sans pression. Même 10 minutes par semaine où vous pouvez tous les deux dire ce qui a été difficile et ce dont vous avez besoin, c’est suffisant. L’objectif, c’est pas de tout régler en une seule conversation mais de garder les lignes de communications ouvertes pour que les choses ne s’accumulent pas en silence.
Vous n’avez rien à régler, juste être là
La ménopause est une transition que la médecine a longtemps sous-estimée et que la culture préfère ignorer. Elle demande quelque chose à tout le monde autour d’elle.
Les partenaires qui en ressortent plus proches ne sont pas ceux qui avaient toutes les bonnes réponses. Ce sont ceux qui ont posé les bonnes questions, qui ont été présents quand ça comptait, et qui n’ont pas pris les moments difficiles comme une attaque personnelle.
La recherche nous offre une base utile, mais vous connaissez votre partenaire mieux que n’importe quelle étude. Prenez ce qu’il y a ici et construisez à partir de là.
Vous cherchez du soutien pour traverser ça ensemble ?
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Sources:
- Fondation Canadienne de la Ménopause. Soutenir votre partenaire pendant la ménopause https://fondationcanadiennedelamenopause.ca/ressources/soutenir-votre-partenaire-pendant-la-menopause/
- Dr. Louise Newson. Emotionally Supporting Each Other When You Are Perimenopausal or Menopausal. https://www.drlouisenewson.co.uk/knowledge/emotionally-supporting-each-other-when-you-are-perimenopausal-or-menopausal
- Maki, P. M., et al. (2021). Cognitive changes during the menopause transition. Menopause, 28(3), 267–273.
Avertissement : Les informations fournies ici sont fournies uniquement à titre informatif uniquement. Elles ne constituent pas un avis médical. Consultez toujours votre médecin ou votre prestataire de soins de santé pour déterminer ce qui convient le mieux à vos besoins de santé individuels.
Bien que nous utilisions le mot « femmes » par souci de simplicité, nous reconnaissons que la ménopause et la périménopause peuvent toucher des personnes de diverses identités de genre. Notre objectif est de soutenir toute personne qui vit ces changements.



