
Récapitulatif du webinaire avec la Dre Jeanne Bouteaud, gynécologue-obstétricienne et conseillère médicale chez Coral
Vous avez sans doute déjà tapé « traitement hormonal » dans Google au moins une fois. Peut-être à 2 heures du matin. Peut-être après une bouffée de chaleur qui vous a fait remettre en question votre relation avec votre propre corps. Ce que vous avez trouvé était peut-être terrifiant, plein d’espoir, ou les deux à la fois.
Les trois quarts des Canadiennes n’ont aucune idée de ce qui arrive à leur corps pendant la ménopause, alors même qu’elles sont en train de le vivre. Seule une sur quatre déclare connaître les signes et les symptômes. Donc si vous avez atterri ici sans trop savoir si ce que vous vivez, c’est la périménopause, si vous n’y comprenez rien au traitement hormonal, ou si vous vous demandez si le mot « bio-identique » est un terme médical ou juste quelque chose qu’une clinique a inventé, vous n’êtes pas en retard. Vous êtes dans la majorité.
Dans notre premier webinaire sur la santé féminine, la Dre Jeanne Bouteaud1 — gynécologue-obstétricienne et conseillère médicale chez Coral — a parlé du traitement hormonal sans détours et sans tabous. Voici ce qu’elle a couvert.
D’abord, utilisons les bons mots
Vous avez peut-être remarqué que les mots périménopause et ménopause semblent parfois interchangeables. Si les symptômes peuvent être similaires pendant ces deux périodes, ce n’est pas la même chose.
La ménopause est confirmée après 12 mois consécutifs sans menstruations, chez les femmes de plus de 45 ans. L’âge moyen au Canada est de 52 ans.
La périménopause, c’est la transition qui y mène. Elle peut durer entre deux et huit ans, avec un tableau de symptômes qui varie énormément d’une femme à l’autre.
Ce qui se passe vraiment dans votre corps
En périménopause, vos hormones cessent de suivre un schéma prévisible. Au lieu du cycle mensuel régulier d’œstrogène et de progestérone, les niveaux deviennent erratiques. Une poussée un mois, une chute le suivant, imprévisibles d’une semaine à l’autre, et même d’une journée à l’autre.
C’est en partie pourquoi les résultats d’une prise de sang isolée en périménopause peuvent être difficiles à interpréter seuls. Un résultat obtenu aujourd’hui pourrait être complètement différent dans six semaines. La Dre Bouteaud recommande de coupler tout bilan sanguin avec un calendrier de symptômes.
« C’est vraiment la périménopause qui est erratique sur le plan hormonal, » explique-t-elle. « Une fois qu’on entre dans la ménopause complète, la stabilité revient à un nouveau niveau de base. »
C’est cette instabilité qui est à l’origine de la plupart des symptômes vécus pendant la transition.
La liste de symptômes est plus longue que vous le pensez
Les recherches ont répertorié un nombre important de symptômes associés à la transition vers la ménopause… et la liste complète est encore en cours de définition. Les plus courants incluent :
- Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes
- Troubles du sommeil
- Changements d’humeur et anxiété accrue
- Brouillard mental (difficulté à se concentrer)
- Douleurs articulaires
- Changements dans la vie sexuelle (baisse de libido, douleurs pendant les rapports)
- Changements cardiovasculaires et métaboliques (dont la prise de poids, en particulier abdominale)
- Perte de masse osseuse et musculaire
- Changements au niveau de la peau et des cheveux
- Symptômes génito-urinaires (urgences urinaires, sécheresse vaginale)
Ce que la Dre Bouteaud veut que vous reteniez, c’est que toutes les femmes ne vivront pas l’ensemble de ces symptômes, ni avec la même intensité. Cette liste couvre une partie de ce qui est possible, pas ce qui est inévitable.
Vos options de traitement
Quand des symptômes apparaissent, il existe un éventail complet d’options et elles peuvent se combiner.
Les changements de mode de vie
Les données sont claires à ce sujet : réduire la consommation d’alcool et de tabac, prioriser le sommeil, gérer le stress et la musculation réduisent de façon significative le fardeau des symptômes. Ce n’est pas juste un conseil, ça peut réellement avoir un énorme impact à chaque étape de la transition hormonale, peu importe si vous choisissez un traitement supplémentaire ou non.
« On nous a toujours dit : cardio, cardio, cardio, » dit la Dre Bouteaud, « mais la musculation, c’est vraiment le meilleur type d’exercice pour votre masse osseuse et musculaire. »
Pas nécessaire de résilier votre abonnement au spinning, mais c’est peut-être temps de vous familiariser avec les haltères.
Les options non hormonales
Pour les femmes qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas prendre d’hormones, deux approches non pharmacologiques sont appuyées par des données probantes :
- La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est efficace pour la gestion des symptômes et de l’anxiété
- L’acupuncture est démontrée pour réduire la fréquence des bouffées de chaleur
Un mot sur les suppléments : la plupart des produits en vente libre commercialisés pour les bouffées de chaleur n’ont pas montré d’efficacité supérieure à un placebo. La Dre Bouteaud voit régulièrement des patientes qui ont passé des mois à essayer différents suppléments sans aucun soulagement. Si ça vous ressemble, ça vaut la peine de consulter un professionnel de santé sans tarder.
Une nouvelle classe de médicaments non hormonaux
C’est l’un des développements les plus significatifs en soins de la ménopause ces dernières années. Le fézolinetant,un nouveau médicament non hormonal approuvé au Canada en 2025, a montré :
- Une réduction de 50 % des bouffées de chaleur et sueurs nocturnes dès la 4e semaine
- Une réduction de 75 % de ces mêmes symptômes à la 20e semaine
- Une amélioration notable du sommeil et de la qualité de vie
« C’est un véritable game changer, » dit la Dre Bouteaud, « surtout pour mes patientes atteintes de cancer. »
Si on vous a dit il y a quelques années que les hormones n’étaient pas une option pour vous, cette nouvelle mérite une conversation avec votre prestataire de soins. La boîte à outils offre de plus en plus de variétés.
Le traitement hormonal de la ménopause (THM)
L’hormonothérapie (THM) reste le traitement le plus efficace contre les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, et ses bénéfices vont plus loin que la plupart des femmes ne le réalisent.
Au-delà des symptômes vasomoteurs, le THM a démontré son efficacité pour :
- La protection osseuse et la réduction du risque de fracture
- Le soutien de l’humeur en périménopause
- Les douleurs articulaires
- Les troubles du sommeil
- Les symptômes génito-urinaires (vulvaires, vaginaux et vésicaux)
Une distinction importante : les traitements systémiques et locaux ne sont pas la même chose.
Le THM systémique circule dans tout le corps et traite des symptômes comme les bouffées de chaleur, l’humeur et le sommeil.
L’œstrogène vaginal local s’applique directement pour traiter les symptômes génito-urinaires (sécheresse, urgences, inconforts). Leurs profils d’innocuité diffèrent considérablement. Même les femmes ayant eu un cancer du sein qui ne peuvent pas utiliser le THM systémique pourraient être candidates au traitement local.
La vérité sur les hormones bio-identiques
« Bio-identique » n’est pas un terme scientifique. C’est un terme marketing apparu après l’étude de la Women’s Health Initiative (WHI) en 2002, conçu pour sonner plus sûr et plus naturel. Le problème, c’est qu’il ne veut pas dire la même chose selon qui l’utilise.
Aux États-Unis, « bio-identique » désigne généralement des préparations magistrales — des formulations hormonales personnalisées fabriquées en pharmacie de préparation. Elles ne sont pas recommandées à l’échelle internationale, parce qu’elles manquent de données d’innocuité, de stabilité et d’efficacité.
Au Canada, « bio-identique » est plus souvent utilisé pour désigner des produits approuvés par Santé Canada formulés avec des hormones naturellement présentes dans le corps féminin. Ces produits ont été étudiés et les données sont rassurantes : huit ans d’utilisation de ces hormones bio-identiques n’ont montré aucune augmentation du risque de cancer du sein. C’est ce que nous voulons dire chez Coral lorsque nous utilisons le terme « bio-identique ». Nous prescrivons toujours des produits approuvés par Santé Canada.
« Il faut vraiment clarifier, si vous évaluez une clinique qui publicise l’utilisation des hormones bio identiques — qu’est-ce qu’ils font concrètement ? » dit la Dre Bouteaud. « Est-ce qu’ils utilisent des produits de Santé Canada ou des préparations magistrales ? Parce que l’un est appuyé par la science et l’autre non. »
Le vrai portrait des risques
La peur autour de l’hormonothérapie remonte en grande partie à une seule étude : la Women’s Health Initiative (WHI), publiée en 2002. Une étude qui a été largement mal interprétée et rapportée dans les médias, et discrètement révisée au cours des deux décennies suivantes… pendant que la peur qu’elle avait semée, elle, est restée.
Voici ce qu’elle a réellement montré (et ce qu’elle n’a pas montré) :
- Elle était conçue pour tester si les hormones pouvaient prévenir les maladies chroniques chez des femmes plus âgées (50–75 ans), pas pour évaluer le THM comme traitement des symptômes de la ménopause
- Elle a trouvé un risque légèrement accru de cancer du sein chez les femmes prenant un œstrogène synthétique combiné avec du Provera (acétate de médroxyprogestérone) pendant plus de sept ans
- Ce risque représentait moins d’un cas supplémentaire pour 1 000 femmes par année après 7 ans d’utilisation
- Ce risque n’était pas présent chez les femmes prenant de l’œstrogène seul — celles-ci ont en fait observé une réduction du risque à long terme de cancer du sein, confirmée 22 ans plus tard
« Quand on simplifie et qu’on dit que l’œstrogène cause le cancer du sein, on n’a en fait pas observé ça du tout dans les études, » explique la Dre Bouteaud. « C’est vraiment le type de progestérone utilisé qui détermine le risque et même là, il est extrêmement petit, et c’est avec plus de sept ans d’utilisation. »
Un portrait honnête des compromis :
Du côté des bénéfices : soulagement des symptômes, prévention de l’ostéoporose, réduction du risque de fracture, résistance à l’insuline réduite, protection cardiovasculaire si le traitement est débuté au bon moment.
À prendre en compte : la sensibilité des seins et les saignements vaginaux sont fréquents dans les premiers mois (les saignements touchent jusqu’à 20 % des femmes en début de traitement). Le risque de cancer du sein varie selon le type d’hormone et la durée d’utilisation. Le coût et l’engagement quotidien sont aussi des facteurs réels. Votre histoire personnelle (antécédents familiaux, densité mammaire, facteurs de risque individuels) oriente toujours la conversation.
Quand commencer ? Avez-vous « manqué le bateau » ?
Le THM est le plus bénéfique lorsqu’il est débuté dans les 10 ans suivant vos dernières menstruations ou avant l’âge de 60 ans, surtout pour la santé cardiovasculaire et osseuse. Mais, commencer plus tard ne ferme pas la porte au traitement, par contre vous pourriez ne pas en tirer tous les bénéfices préventifs. Le soulagement des symptômes, lui, reste réel à tout âge.
Les femmes qui ont vraiment manqué le bateau sont celles qui ont été dissuadées par les retombées de la WHI il y a 25 ans. Cette peur s’est répandue largement, y compris chez les professionnels de la santé, et elle a causé de vraies conséquences. La situation aujourd’hui est différente.
« Il n’est jamais trop tôt pour commencer la conversation, » dit la Dre Bouteaud, « et jamais trop tard non plus. »
Combien de temps reste-t-on sous traitement ?
Les symptômes de la ménopause durent généralement entre 3 et 7 ans. La plupart des femmes utilisent le THM pendant quelques années, mais elles ne sont pas obligées d’arrêter.
Il n’y a pas de limite d’âge pour continuer, et aucun arrêt obligatoire tant que votre état de santé le permet. L’ancienne recommandation d’arrêter après cinq ans ou à 60 ans n’est plus la directive internationale en vigueur. On arrête si une nouvelle condition médicale crée une contre-indication, ou si on le souhaite. Si votre état de santé ne change pas, la décision vous appartient.
Une fois votre dose stabilisée, votre prestataire de soins voudra probablement faire le point autour de la deuxième année, puis annuellement.
À quoi ressemble vraiment la décision partagée
Le fil conducteur de tout ce qu’a couvert la Dre Bouteaud, c’est qu’il n’existe pas de recette universelle pour les soins de la ménopause.
Le bon traitement dépend de là où vous en êtes dans la transition, de votre profil de symptômes, de votre historique personnelle et familiale, et de vos préférences en matière de médicaments. Si vous consultez un professionnel qui n’offre qu’une seule option, minimise vos symptômes ou travaille encore avec les données de 2002, vous méritez une meilleure conversation.
« Ça doit être ajusté à votre santé, vos besoins, vos priorités et vos souhaits, » dit la Dre Bouteaud. « On ne peut pas avoir une approche unique pour tout le monde. »
Une première étape concrète : notez vos symptômes
Avant votre prochain rendez-vous, la Dre Bouteaud suggère d’utiliser l’outil le plus simple qui soit : un calendrier mensuel papier.
Notez vos symptômes par couleur, notez votre cycle menstruel si vous l’avez encore. Repérez quand les choses apparaissent par rapport à vos menstruations. Quatre mois de ce suivi, apportés en consultation, donnent à un prestataire de soins plus d’informations utiles qu’on ne le croirait. Ça montre ce qui se passe et quand, plutôt qu’une simple photo instantanée.
À retenir
- Le traitement hormonal est un outil parmi d’autres. Ce n’est pas une obligation, pas quelque chose à craindre non plus.
- Le THM est le traitement le plus efficace contre les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, avec des bénéfices additionnels pour les os, les articulations, la santé cardiovasculaire et l’humeur.
- Le risque de cancer du sein lié à l’étude WHI était faible, associé à une formulation hormonale spécifique, et n’est apparu qu’après sept ans ou plus d’utilisation. Il ne s’applique pas également à toutes les formes de THM.
- « Bio-identique » est un terme marketing qui n’a pas de définition scientifique. Il est important de clarifier sa signification avec chaque clinique ou prestataire de soins lorsque ce terme est utilisé pour désigner les produits qu’ils prescrivent.
- Le fézolinetant, approuvé au Canada en 2025, est une option non hormonale très efficace pour les femmes qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas prendre d’hormones.
- Commencer dans les 10 ans suivant vos dernières règles ou avant 60 ans offre les meilleurs bénéfices, mais la conversation vaut la peine d’être amorcée à n’importe quel stade.
- Vos symptômes sont réels. Vos options sont plus diversifiées que vous ne le pensez.
Vous explorez vos options ?
Prenez rendez-vous avec une coordonnatrice de soins Coral pour savoir si Coral vous convient.
Avertissement : Les informations fournies ici sont fournies uniquement à titre informatif uniquement. Elles ne constituent pas un avis médical. Consultez toujours votre médecin ou votre prestataire de soins de santé pour déterminer ce qui convient le mieux à vos besoins de santé individuels.



