
Même si vous avez toujours été frileuse, ne sortant jamais sans un pull, vous pourriez vous surprendre à ouvrir grand les fenêtres, même en plein hiver, et à transpirer abondamment à 40 ou 50 ans. (Bienvenue dans la périménopause !)
La dysrégulation de la température, qui se manifeste par les fameuses bouffées de chaleur et sueurs nocturnes, est un phénomène neurologique et l’un des signes le plus central et le plus reconnu de la transition ménopausique. Mais vous n’avez pas à souffrir en silence. Comprendre pourquoi est la première étape pour retrouver votre fraîcheur.
Que se passe-t-il dans votre hypothalamus ?
Votre cerveau possède un thermostat intégré appelé hypothalamus. L’œstrogène joue un rôle essentiel dans le maintien de sa « zone idéale », c’est-à-dire la plage de température corporelle dans laquelle vous vous sentez « parfaitement bien ». Lorsque les niveaux d’œstrogène fluctuent et diminuent, cette zone d’équilibre se rétrécit et des sensations de « trop chaud » et « trop froid » apparaissent.
Soudain, même un léger changement de température ambiante ou une réponse mineure au stress (ou même rien du tout !) déclenchent une « alerte rouge ». Votre cerveau pense à tort que le corps est en surchauffe et déclenche une réponse de refroidissement agressive : les redoutables bouffées de chaleur ou sueurs nocturnes (Freedman, 2014).
Est-ce dans votre ADN ? (alias le facteur « maman »)
L’une des questions qui nous est le plus souvent posée est : « Vais-je vivre la même chose que ma mère ? » La réponse courte est : probablement, oui. Des recherches montrent qu’il existe une forte composante génétique dans la gravité et la durée des sueurs nocturnes et des bouffées de chaleur.
Une étude majeure a identifié des variantes génétiques spécifiques dans le gène KISS1, qui aide à réguler l’hypothalamus, qui sont liées à un risque accru de bouffées de chaleur (Crandall et al., 2017). Si votre mère passait son temps à se plaindre de ses chaleurs (souffrant de symptômes depuis plus de 10 ans), vous êtes statistiquement prédisposée à suivre une trajectoire similaire en matière de transpiration.
Les risques que vous ne pouvez pas ressentir
De nouvelles données suggèrent que les bouffées de chaleur intenses sont plus qu’une simple nuisance ; elles sont un signe avant-coureur de problèmes cardiovasculaires. Des symptômes fréquents et persistants sont souvent liés à un dysfonctionnement endothélial, ce qui signifie que vos sueurs nocturnes peuvent être un signe que votre corps a besoin d’une meilleure protection cardiaque (Thurston et al., 2021).
Comment le traiter
1. La référence : l’hormonothérapie
En reconstituant les réserves d’œstrogènes, nous élargissons la « fenêtre de confort » du cerveau. Cela permet à votre corps de mieux tolérer les changements de température mineurs sans déclencher de réponse de refroidissement d’urgence.
- Calendrier : la plupart des femmes constatent une réduction des bouffées de chaleur en 2 à 3 semaines, avec une stabilisation complète au bout de 3 mois environ (Pinkerton, 2020).
- Durée : il n’y a plus de date de fin pour l’hormonothérapie ; c’est une décision personnelle qui dépend de votre qualité de vie.
2. La nouvelle frontière : Veozah (Fezolinetant)
Cet antagoniste non hormonal des récepteurs de la neurokinine 3 (NK3) bloque le « déclencheur de chaleur » dans le thermostat du cerveau.
3. Alternatives fondées sur des preuves
- Actée à grappes noires : ce complément botanique s’est révélé efficace pour certaines personnes, mais il convient d’être prudent en raison de sa toxicité hépatique. Une surveillance médicale est recommandée (Shams et al., 2010).
- Acupuncture : cette méthode thérapeutique peut réduire considérablement la fréquence et la gravité des bouffées de chaleur en calmant le système nerveux autonome (Avis et al., 2016).
Redécouvrir l’équilibre
Gérer la dysrégulation thermique ne se résume pas à trouver de meilleurs pyjamas, draps ou oreillers rafraîchissants. Il s’agit de reconnaître que votre cerveau subit un rééquilibrage métabolique majeur.
Que vous optiez pour un soutien hormonal, des neuro-inhibiteurs ciblés ou des interventions axées sur le mode de vie, l’objectif est le même : restaurer la capacité de votre cerveau à trouver son équilibre.
Chez Coral, nous ne traitons pas seulement la transpiration, nous traitons le système. En surveillant vos marqueurs cardiovasculaires tout en gérant le soulagement de vos symptômes, nous veillons à ce que votre transition vers la ménopause ne soit pas seulement « tolérée », mais optimisée pour les décennies de santé qui vous attendent. Vous n’avez pas besoin de gérer seule la chaleur. Nous vous aiderons à « régler » votre thermostat et à protéger votre santé future.
Avertissement : Les informations fournies ici sont fournies uniquement à titre informatif uniquement. Elles ne constituent pas un avis médical. Consultez toujours votre médecin ou votre prestataire de soins de santé pour déterminer ce qui convient le mieux à vos besoins de santé individuels.
Références:
- Avis, N. E., et al. (2016). Acupuncture in Menopause (AIM) study: a pragmatic, randomized controlled trial. Menopause, 23(6), 626–637.
- Crandall, C. J., et al. (2017). Genetic variation in the tachykinin receptor 3 locus is associated with hot flashes and night sweats in the Women’s Health Initiative Study. Menopause, 24(3), 252–259.
- Freedman, R. R. (2014). Menopausal hot flashes: Mechanisms, endocrinology, and treatment. The Journal of Steroid Biochemistry and Molecular Biology, 142, 115–120.
- Pinkerton, J. V. (2020). Hormone Therapy for Postmenopausal Women. New England Journal of Medicine, 382(5), 446–455.
- Shams, T., et al. (2010).
- Efficacy of black cohosh-containing preparations on menopausal symptoms: a meta-analysis. Alternative Therapies in Health and Medicine, 16(1), 36–44.
- Thurston, R. C., et al. (2021). Menopausal Hot Flashes and Risk of Incident Cardiovascular Disease Events in the SWAN. JACC: Cardiovascular Imaging, 14(10), 1955–1966.



