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L’atrophie vaginale pendant la ménopause : symptômes, causes et traitements

Paysage désertique avec des cactus illustrant la sécheresse vaginale et le syndrome génito-urinaire de la ménopause

La sécheresse vaginale est l’un des symptômes de la ménopause dont on parle le plus. Pourtant, la plupart des femmes1 qui en souffrent le font en silence. Pas parce qu’elles ignorent que c’est courant, mais parce qu’on leur a laissé croire que ça fait simplement partie de la vie.

Surprise, ce n’est pas le cas. Non seulement ce n’est pas inévitable, mais c’est traitable.

Et le pire, c’est que la sécheresse vaginale n’est qu’une partie d’un tableau beaucoup plus grand. Elle appartient à un syndrome. Un syndrome qui touche votre confort au quotidien, votre vie intime et votre santé urinaire. Et contrairement aux bouffées de chaleur, ce syndrome ne disparaît pas tout seul. Sans traitement, il tend à s’aggraver avec le temps.

La bonne nouvelle : des traitements efficaces et ciblés existent. Mais malheureusement, trop peu de femmes en sont informées ou hésitent à les utiliser. Ne vous inquiétez pas, on vous fournit toutes les informations pour que vous puissiez connaître les options qui s’offrent à vous.

Qu’est-ce que l’atrophie vaginale ?

« Atrophie vaginale » est un terme vieux terme clinique qui désigne l’amincissement, le dessèchement et le changement des tissus vaginaux lorsque les niveaux d’hormones reproductives chutent. Aujourd’hui, la plupart des cliniciens utilisent un terme plus juste : le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM).

Cette mise à jour est importante. Les tissus vaginaux ne changent pas en vase clos — la vulve, l’urètre et la vessie sont tous sensibles aux œstrogènes et androgènes, et tous peuvent être touchés. Le SGUM capture ce tableau complet. Il s’éloigne aussi du caractère définitif du mot « atrophie », qui évoque un processus irréversible. Ce n’est pas le cas.

Le SGUM est très courant. Des études2 indiquent que 40 à 54 % des femmes ménopausées souffrent de symptômes gênants liés à ce syndrome. Pourtant, plus de la moitié d’entre elles ne suivent aucun traitement pour y remédier, et environ 70 % n’en parlent même jamais à leur médecin3. La plupart pensent qu’il s’agit simplement d’un phénomène lié au vieillissement et qu’il n’y a rien à y faire. Détrompez-vous.

À savoir : Contrairement à bien des symptômes de la ménopause qui s’atténuent avec le temps, le SGUM tend à progresser sans traitement. Plus tôt on s’en occupe, plus c’est facile à gérer.

Pourquoi la ménopause cause-t-elle la sécheresse vaginale ?

La réponse courte : la baisse des hormones.

Les œstrogènes sont ce qui maintient les tissus vaginaux épais, élastiques et lubrifiés. Ils maintiennent un environnement vaginal acide propice au bon équilibre de la flore vaginale. Ils soutiennent le collagène dans les structures environnantes. Quand les niveaux d’œstrogènes chutent (comme c’est le cas en périménopause et à la ménopause) tout ça change.

Les androgènes (dont la testostérone) jouent également un rôle. À mesure que ces hormones diminuent aux côtés des œstrogènes, les tissus commencent à s’amincir, les parois vaginales perdent de leur élasticité et la lubrification naturelle diminue considérablement.

Le SGUM peut aussi survenir en dehors de la ménopause, dans tout contexte où les hormones sont temporairement supprimées : pendant l’allaitement, par exemple, ou comme effet secondaire de certains médicaments. Mais pour la plupart des femmes, c’est la ménopause qui le déclenche et l’entretien.

Symptômes de l’atrophie vaginale : bien plus que la sécheresse

C’est là que beaucoup de femmes sont surprises. Elles ont entendu parler de la sécheresse vaginale, mais le SGUM est un syndrome, ce qui signifie qu’il implique un ensemble de symptômes dans trois domaines distincts.

Symptômes génitaux

  • Sécheresse vaginale
  • Démangeaisons ou irritation
  • Sensation de brûlure, surtout lors des activités quotidiennes
  • Changements dans les pertes vaginales

Symptômes sexuels

  • Réduction de la lubrification naturelle lors de l’excitation
  • Perte d’élasticité vaginale
  • Douleur pendant ou après les rapports sexuels (dyspareunie)
  • Déchirures ou saignements pendant les rapports sexuels
  • Réduction des sensations ou difficulté à atteindre l’orgasme

Symptômes urinaires

Certaines femmes ont principalement des symptômes urinaires sans aucune sécheresse. D’autres ressentent une gêne sexuelle sans aucune irritation au quotidien. La présentation est individuelle, ce qui explique précisément pourquoi le SGUM peut passer inaperçu si longtemps.

L’atrophie vaginale peut-elle causer des infections urinaires ?

Oui. À mesure que les niveaux d’hormones chutent, les tissus qui tapissent l’urètre et la vessie s’amincissent et deviennent plus vulnérables aux infections bactériennes. Les infections urinaires à répétition chez les femmes ménopausées sont souvent un signe de SGUM plutôt qu’un problème distinct, et traiter le SGUM directement a démontré une réduction de leur fréquence de 50%.

Comment l’atrophie vaginale affecte la libido et l’intimité

C’est un cercle vicieux dont on parle trop peu : quand les rapportssexuels sont douloureux, on cesse d’en vouloir. 

Vous reconnaissez ce moment où votre partenaire s’approche de vous et où votre première pensée est : « S’il te plaît, pas ce soir » ? Votre corps apprend vite. Et ce qu’il retient, c’est que ça fait mal. Le désir ne disparaît pas du jour au lendemain, mais il cesse simplement de se manifester.

Lorsque les tissus vaginaux s’amincissent et perdent de leur élasticité, lorsque la lubrification est insuffisante, les rapports sexuels provoquent des microtraumatismes (petites déchirures et frottements) qui entraînent des brûlures, des irritations et des douleurs. Votre corps fait vite l’association. Le désir s’effrite. L’évitement s’installe.

L’impact sur les relations intimes peut être considérable. Rien n’est brisé, mais un symptôme physique non traité crée une cascade de tensions émotionnelles et relationnelles. Beaucoup de femmes décrivent de la culpabilité, un sentiment de déconnexion avec leur partenaire, ou un deuil silencieux autour de la perte de quelque chose qui était autrefois naturel et agréable.

Traiter le SGUM directement s’attaque à ce cercle vicieux à la source. Quand les rapports sexuels cessent d’être quelque chose à redouter, le désir revient.

Options sans ordonnance : hydratants et lubrifiants

Pour les symptômes légers à modérés, les produits disponibles en pharmacie sans ordonnance sont un premier pas raisonnable et accessible. La clé, c’est de comprendre ce que chaque produit fait, parce qu’ils ont des rôles différents et fonctionnent mieux ensemble.

Hydratants vaginaux

Les hydratants sont conçus pour une hydratation continue des tissus. Appliqués directement sur la vulve et les parois vaginales plusieurs fois par semaine (pas seulement avant les rapports sexuels), ils agissent en maintenant les niveaux d’humidité de base dans les tissus. La plupart contiennent de l’acide hyaluronique, qui bénéficie de solides données probantes pour réduire la sécheresse et l’irritation au fil du temps.

C’est un peu comme une bonne routine de soins de la peau. On ne se contente pas d’appliquer une crème hydratante la veille d’un événement important et de s’en tenir là. Il faut l’utiliser régulièrement, et les résultats apparaissent quelques semaines plus tard, tout en douceur, quand on sent que la peau est tout simplement en meilleure forme.

Lubrifiants

Les lubrifiants, c’est plus simple : ils sont là pour l’occasion, pas pour l’entretien quotidien. Les lubrifiants à base d’eau sont les plus polyvalents et compatibles avec tous les préservatifs et accessoires. Les lubrifiants à base de silicone durent plus longtemps et peuvent être préférables pour les femmes souffrant d’une sécheresse importante — mais les formules à base de silicone ne sont pas compatibles avec certains préservatifs en latex ni avec les jouets en silicone. Si l’un ou l’autre de ces cas s’applique à vous, optez par défaut pour un lubrifiant à base d’eau, c’est plus sûr.

La crème hydratante, c’est le produit pas glamour qu’on utilise en sortant de la douche. Le lubrifiant, c’est pour les rendez-vous galants. Vous avez besoin des deux!

Ce que les produits en pharmacie peuvent (et ne peuvent pas) faire

Les produits sans ordonnance gèrent les symptômes. Ils ne s’attaquent pas à la cause sous-jacente, soit la baisse des hormones. Pour beaucoup de femmes, ils apportent un soulagement suffisant. Pour d’autres, notamment celles avec des symptômes modérés à sévères, ils ne suffisent pas seuls.

Quand consulter une professionnelle de santé ?

Si vous utilisez régulièrement un hydratant et un lubrifiant et que vous continuez à avoir des difficultés, ou si vos symptômes affectent vos relations, votre sommeil ou votre confort au quotidien, ça vaut la peine d’explorer les options hormonales avec un professionnel de santé.

L’œstrogène intravaginal : le traitement le plus efficace

S’il y a une chose sur laquelle la plupart des cliniciens s’accordent, c’est celle-ci : l’œstrogène locale est le traitement de référence pour le SGUM.

Le mot « local » est essentiel. Contrairement au traitement hormonal de la ménopause (THM) systémique, pris sous forme de comprimé ou de timbre pour gérer les bouffées de chaleur, le sommeil et l’humeur, l’œstrogène intravaginal est appliqué directement sur les tissus vaginaux. Il agit là où se trouve le problème, sans absorption significative dans la circulation sanguine.

Cette distinction est importante : les préoccupations de sécurité que beaucoup de femmes associent à l’hormonothérapie (risque accru de caillots, liens avec le cancer du sein) sont liées à l’exposition systémique. L’œstrogène intravaginal local a un profil d’innocuité très différent. Les études montrent de manière constante que les niveaux d’œstrogènes dans le sang restent dans les valeurs post-ménopausiques pendant le traitement.

Les données probantes sur l’efficacité sont solides. L’œstrogène local restaure l’épaisseur et l’élasticité des tissus, améliore la lubrification, rééquilibre le pH vaginal et réduit significativement la douleur pendant les rapports sexuels. Pour les symptômes urinaires, il a aussi démontré une réduction de la fréquence des infections urinaires à répétition chez les femmes ménopausées : un bénéfice non négligeable, vu à quel point ces infections peuvent devenir épuisantes (et dépendantes des antibiotiques).

L’œstrogène vaginal est-il sécuritaire à long terme ?

Oui. Les traitements hormonaux locaux sont sécuritaires pour une utilisation continue, et la plupart des lignes directrices cliniques soutiennent leur usage prolongé aussi longtemps que les symptômes sont présents. 

Le SGUM est une affection chronique, il persiste aussi longtemps que les niveaux d’œstrogènes restent bas, ce qui, après la ménopause, est indéfini. Arrêter le traitement signifie généralement que les symptômes reviennent.

Œstrogène vaginal  : formats, DHEA, et à quoi s’attendre

Il n’existe pas une seule forme d’œstrogène vaginal. Plusieurs formulations sont disponibles, et la bonne forme dépend de vos symptômes, de vos préférences et de vos antécédents médicaux.

Options à base d’œstrogènes

Comprimés ou suppositoires vaginaux : de petits inserts appliqués avec un applicateur. Généralement utilisés quotidiennement pendant deux semaines, puis deux fois par semaine en entretien. Discrets et bien tolérés.

Crèmes œstrogéniques : appliquées avec un applicateur ou directement sur la vulve. Utiles pour les symptômes externes (irritation, sécheresse à l’entrée du vagin). Peuvent aussi être utilisées pour les symptômes internes avec applicateur.

Anneaux vaginaux : un petit anneau souple qui libère une faible dose constante d’œstrogènes pendant 90 jours. Il suffit de le mettre en place, de ne plus y penser et de vaquer à vos occupations comme si de rien n’était.

DHEA (déhydroépiandrostérone) — une voie alternative

Les inserts de DHEA (aussi connus sous le nom de prasterone) prennent une approche légèrement différente. Plutôt que de délivrer de l’œstrogène directement, ils délivrent de la DHEA, une hormone précurseur convertie localement en œstrogène et en testostérone dans les tissus vaginaux.

C’est important parce que la testostérone joue un rôle dans la santé des tissus et la sensation sexuelle. Les inserts de DHEA fournissent les deux composantes hormonales en un seul produit, sans absorption systémique significative de l’un ni de l’autre.

Effets secondaires de l’œstrogène vaginal : ce qui est normal

Le retour des pertes vaginales est l’effet secondaire le plus souvent signalé avec les traitements hormonaux locaux et ça mérite d’être recadré. Des pertes après le début d’un traitement local aux œstrogènes ou à la DHEA ne sont pas un signal d’alarme. C’est la preuve que le traitement fonctionne. Des tissus vaginaux sains et bien hydratés produisent naturellement des sécrétions. Ce qui semble être un « effet secondaire » est en fait un signe que vos tissus retrouvent leur fonctionnement normal.

Un risque légèrement accru d’infections à levures a été signalé chez un petit nombre de femmes, en particulier celles avec des antécédents. Un environnement plus chaud et plus humide est marginalement plus propice aux levures. C’est peu fréquent, facilement traité si ça se produit, et rarement une raison d’arrêter le traitement.

Et les femmes ayant des antécédents de cancer hormonodépendant ?

Les données scientifiques à ce sujet sont plus solides que ne le pensent de nombreuses femmes. Plusieurs études rigoureuses ont montré que l’œstrogène à usage local est sans danger, même pour les femmes ayant des antécédents de cancer du sein, car l’absorption systémique est suffisamment faible pour ne pas augmenter de manière significative le taux d’œstrogène dans le sang.

Cela dit, tous les professionnels de santé ne sont pas aussi bien informés sur ce sujet. Si votre médecin généraliste ou votre oncologue hésite, il vaut mieux consulter un·e praticien·ne qui se concentre sur la ménopause qui connaît la littérature scientifique actuelle. Vous n’avez pas besoin d’une autorisation, mais d’un échange constructif avec la bonne personne.

Vous n’avez pas à vivre avec ça

Le SGUM est courant, progresse sans traitement, mais se traite très bien. Il affecte le confort physique, l’intimité, la santé urinaire et la qualité de vie. Pourtant, il reste l’une des affections les plus sous-traitées en soins de la ménopause, en grande partie parce qu’on continue de dire aux femmes que leurs symptômes sont normaux et qu’il faut apprendre à vivre avec.

Si vous gérez ces symptômes seule, ou si on vous a dit que ça fait partie du vieillissement, vous méritez mieux. Coral vous met en contact avec une équipe de soins experte en santé de la femme qui connait les traitements hormonaux locaux pour le SGUM. Coral est disponible virtuellement partout au Canada.

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Avertissement : Les informations fournies ici sont fournies uniquement à titre informatif uniquement. Elles ne constituent pas un avis médical. Consultez toujours votre médecin ou votre prestataire de soins de santé pour déterminer ce qui convient le mieux à vos besoins de santé individuels.

  1. While we use the word “women” for simplicity, we recognize that menopause and perimenopause can affect people of many gender identities. Our goal is to support everyone who experiences these changes. ↩︎
  2. Garcia de Arriba S, Grüntkemeier L, Häuser M, May TW, Masur C, Stute P. Vaginal hormone-free moisturising cream is not inferior to an estriol cream for treating symptoms of vulvovaginal atrophy: Prospective, randomised study. PLoS One. 2022 May 12;17(5):e0266633. doi: 10.1371/journal.pon ↩︎
  3. Carlson K, Nguyen H. Genitourinary Syndrome of Menopause. [Updated 2024 Oct 5]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2026 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK559297/ ↩︎

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